"Entendez les jeunes apprentis, acteurs de l'économie de demain"

Maurice Milcent, président de la CMA de Vendée

Maurice Milcent, président de la chambre de métiers et de l'artisanat de Vendée publie un plaidoyer en faveur de l'apprentissage en Une de la Lettre de la CMA de Vendée, "infometiers85", datée du 4 juillet 2014.

Au 31 décembre 2013, les entreprises artisanales de Vendée formaient 2 969 apprentis. C’est 12 % de moins qu’il y a 3 ans. Et toutes nos observations conduisent à constater un accroissement de cette chute.

L’artisanat est attaché à la transmission de ses savoirs par l’apprentissage. C’est un des piliers de notre culture et la force de notre secteur. L’apprentissage est un facteur clef de notre performance économique et du renouvellement générationnel. Il conditionne notre pérennité.

Aussi, face à la situation que nous vivons, nous devons être inquiets et amers.
Inquiets parce qu’il se prépare une carence inéluctable de main d’œuvre qualifiée - dans un contexte déjà tendu pour de nombreux métiers - lorsque la croissance revenue nécessitera d’y avoir recours.

Amers car les pouvoirs publics, de manière dogmatique ou par ignorance des réalités de l’entreprise, multiplient les initiatives et les tracasseries qui mettent à mal l’apprentissage.

Le contexte économique est déjà en soi un défi, car les familles et les jeunes hésitent de plus en plus à se former en entreprises, par peur de possibles défaillances.
Etait-ce donc le moment de remettre en cause la plupart des aides à l’apprentissage ? Au-delà de la prise en compte de l’effort de formation, ces primes venaient exprimer la reconnaissance commune de l’engagement des entreprises. Cette initiative est un manque de considération.

Etait-ce le moment de remettre en cause les dérogations accordées de façon très encadrées à l’entrée en apprentissage pour les jeunes âgés de moins de 15 ans ?

Enfin, nous expérimentons les conséquences des décrets du 11 octobre 2013 relatifs à la procédure de dérogation aux travaux interdits pour les jeunes de moins de 18 ans. Si désormais la dérogation est accordée à l’entreprise pour une durée de 3 ans, les informations à collecter et formaliser sont encore plus importantes, plus pointues, plus complexes. Les interdictions de gestes ou contextes techniques qui sont imposés pour les moins de 18 ans sont souvent irréalistes et notre responsabilité est forte. De toute bonne foi, comment justifier d’une dérogation pour un travail en hauteur chez un peintre ou le port d’un sac de farine chez un boulanger ? Les exigences, et par-delà la défiance envers les employeurs, marquent encore un pas.

Il y a beaucoup de découragement. Et je comprends, même si je le déplore, que nombre de chefs d’entreprise ne veulent plus recourir à l’apprentissage. Pourtant, notre économie peut-elle se priver d’un mode de formation qui témoigne de sa pertinence, par son taux d’intégration dans l’emploi ?

Quand sera-t-il mis fin à cette spirale qui met à mal l’apprentissage ? Nous restons dans l’attente d’un signe tangible de reconnaissance et d’encouragement.

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